La couleur sonore d’Ici d’Ailleurs se révèle dans ce mélange de gravité, de tension intérieure et de poésie nocturne – un révélateur d’émotions brutes, privilégiant la narration et la texture. Nombre de sorties, que ce soit chez Matt Elliott, Mendelson, Chapelier Fou, Christine Ott, semblent taillées dans le même bloc : celui d’une expression libre, souvent mélancolique, où le silence jouxte la saturation.
Quelques marqueurs essentiels :
- La langue : même si l’anglais et les voix instrumentales dominent, le label ne délaisse pas la langue française, comme avec Mendelson ou Nosfell.
- La texture sonore : importance accordée au grain, à la distorsion maîtrisée, à une production artisanale qui laisse s’entendre la chair du son.
- Le goût du récit et de l’intime : écrivain dans l’âme, Olivier Depardon ou les collaborations autour de Pierre Lapointe jouent la carte de la littérature, du spoken word, du documentaire sonore.
Dans les années 2010, Ici d’Ailleurs s’est aussi illustré avec la << Collection OuMuPo >> (Ouvroir de Musique Potentielle), inspirée par l’OuLiPo littéraire : six volumes où des remixeurs doivent appliquer une contrainte créative, nouvelle illustration du désir d’expérimentation permanente (source : Les Inrockuptibles).