Le Grand Est témoigne d’une diversité d’écoles musicales, mais certains phénomènes illustrent de manière éloquente l’imbrication des influences.
Le post-punk réinventé à l’alsacienne
Des groupes comme Adam and the Madams (Metz), We Are BoB (Strasbourg) ou Grand Blanc (Metz) puisent dans le post-punk britannique, flirtant avec la cold wave allemande et l’indie rock nord-américain. Leurs sonorités évoquent parfois Joy Division ou The Cure, mais avec une écriture teintée de spleen lorrain ou d’ironie rhénane.
Electro, une connexion Berlin-Strasbourg
Strasbourg, ville étudiante et européenne, a toujours entretenu une filiation avec la culture club allemande : le collectif Strasbourg Chibre, inspiré par la scène berlinoise, multiplie les collaborations avec des DJs outre-Rhin (ex. : Sarah Farina, DJ Marcelle). Les instrumentations et scénographies mêlent techno, house et influences électroniques plus expérimentales venues d’Angleterre ou d’Australie.
Rap et spoken word : l’ouverture linguistique comme arme
Le rap du Grand Est est profondément multilingue. À Mulhouse, SLK insère régulièrement de l'allemand ou du turc dans ses lyrics. Makja ou Soso Maness collaborent avec des artistes allemands, belges et italiens lors de concerts ou de côtés. La palette linguistique s’accompagne d’emprunts au cloud rap américain, à la drill londonienne ou aux beats reggaeton.